Musée santons
du Monde
Attention
Le
Musée qui était auparavant implanté à Clermont
l'Hérault, est désormais installé au coeur de
la ville d'Agde sur les quais
de l'Hérault, face à la cathédrale
St Etienne, côté gare.
De l’argile naît un petit bout d’âme.
Près de 2000 santons sont à voir au fil
d’une visite, véritable village planétaire, intelligemment
mise en scène. Une halte sereine et colorée.
En poussant la porte du musée Santons du Monde, c’est un
univers singulier qui s’ouvre devant vous. On entre sur la pointe
des pieds dans un monde de couleurs, un monde d’odeurs.
Rassemblés en chinant aux quatre coins de la planète,
ils sont 2000 à vous offrir leur regard figé dans une
captivante évocation. « C’est d’abord ce qui
accroche le visiteur. Cette proximité avec la vérité
». Malgré le temps, le santon est resté un art populaire.
Il fait appel à des souvenirs, des atmosphères connues.
« A l’origine, le santon était
le personnage que l’on retrouvait autour d’une crèche.
Il était souvent réalisé en mie de pain. Ce n’est
qu’ensuite que l’on utilisa l’argile. Il vient d’Italie
mais son art dépasse les frontières. On le voit en Espagne,
puis en Amérique du Sud. En France, il se fixe en Provence ».
Disposés sous les lumières, dans
un décor intelligemment assemblé, on ne peut penser que
ces figures ont été presque mises à l’index.
La représentation de la Nativité exaspérait l’Eglise
qui voyait d’un mauvais oeil cet art se développer avec
ce souci des détails, des couleurs. li lui semblait que c’était
trop luxueux. Mais les autorités mirent de l’eau dans leur
vin et le style pouvait s’épanouir.
Aujourd’hui, il reste quelques artisans qui font vivre ce savoir-faire.
Installés en Provence, ils gardent les secrets de fabrication
qui font naître de l’argile un personnage étonnamment
vivant. Certaines de ces réalisations se retrouvent au fil de
l’exposition qui guide le visiteur le long d’un parcours
initiatique. Regarder un santon, c’est faire une pause. C’est
penser à un moment de sa vie qui surgit comme cela en observant
la scène dis posée face au regard. Il nous ramène
à une enfance.
Venir avec ses enfants ici, c’est retrouver la
fonction première du santon qui était le point de rencontre
autour de laquelle se fédérait une histoire familiale.
Mais dans l’atmosphère créée par un subtil
jeu d’ambiance, ce voyage quitte l’Europe pour explorer
les cultures du monde. De pays en pays, d’un continent à
l’autre, les cou leurs changent, les inspirations aussi. Si loin
mais pourtant si proches, ces santons captivent.
La technique est universelle. La finalité est
d’éveiller une émotion chez celui qui regarde le
santon. Le travail du santonnier ne tend que vers ce but. Il n’existe
pas énormément de moyens d’y arriver si ce n’est
en donnant un peu de son âme à la matière. C’est
simple mais très difficile. La vitrine consacrée à
cet hommage aux santonniers est là pour faire mesurer aux visiteurs,
la somme de savoir et de sagesse à réunir pour réaliser
ces formes.
« Le métier est ancien, mais il
est en constante évolution. C’est imperceptible mais le
mouvement existe bien. C’est ce que j’ai cherché
à réaliser avec ce musée des Santons du Monde.
Donner au santon sa place dans notre environnement sans cesse en évolution.
Expliquer le caractère immuable de certaines choses ».
A la sortie du musée, il vous faudra un
laps de temps pour reprendre le rythme du siècle.